Qu’est-ce que la dépression post-partum (DPP) ?
La dépression post-partum (DPP) est une forme de dépression qui survient après l’accouchement, parfois jusqu’à un an après. Elle se distingue du « baby blues » ; un affaissement émotionnel transitoire touchant jusqu’à 80 % des jeunes mères ; par sa durée, son intensité et ses effets potentiellement durables sur la santé mentale.
En France, selon l’Enquête nationale périnatale 2021, une femme sur six (soit environ 16 %) présente des signes de dépression post-partum deux mois après l’accouchement.
À l’échelle mondiale, les estimations varient : l’OMS évoque 13 % des femmes après l’accouchement, et une vaste méta-analyse regroupant 565 études dans 80 pays estime la prévalence à 17,2 %.
Les symptômes incluent tristesse persistante, perte d’intérêt, culpabilité, fatigue, troubles du sommeil et parfois des difficultés à créer un lien avec le bébé.
Les conséquences ne se limitent pas à la mère : la relation mère-enfant, le développement du nourrisson et l’équilibre familial peuvent en être profondément affectés.
C’est donc une véritable question de santé publique.

Pourquoi un test sanguin ?
Dans de nombreuses affections (diabète, cholestérol, carences hormonales…), on utilise des biomarqueurs sanguins pour évaluer le risque ou détecter précocement un trouble.
L’objectif pour la DPP serait similaire : repérer les femmes à risque avant même l’apparition des symptômes, afin de proposer un accompagnement préventif.
Ce serait une révolution médicale et sociale : permettre une intervention dès la grossesse, au lieu d’attendre que la souffrance s’installe.
Ce que montrent les études récentes
1. Biomarqueurs hormonaux
Des chercheurs de la Weill Cornell Medicine et de l’University of Virginia School of Medicine ont observé que certaines hormones dérivées de la progestérone – appelées neuroactive steroids – varient anormalement chez les femmes qui développeront une DPP.
Des niveaux plus faibles de pregnanolone et plus élevés d’isoallopregnanolone au troisième trimestre multiplieraient le risque par quatre.
Ces molécules agissent sur le système GABA, un neurotransmetteur clé de la régulation de l’humeur.
2. Biomarqueurs inflammatoires
Une revue systématique portant sur 56 études a montré que les taux de certaines molécules inflammatoires (IL-6, IL-8, CRP, TNF-α) étaient souvent élevés chez les femmes présentant des symptômes de dépression périnatale.
Cela suggère que l’inflammation pourrait jouer un rôle, même si le lien de cause à effet reste à confirmer.
3. Biomarqueurs épigénétiques
D’autres travaux, notamment menés à la Johns Hopkins Medicine, ont révélé que des modifications de méthylation de l’ADN pourraient prédire la DPP avec une précision de l’ordre de 80 % dans certains groupes tests.
Ces découvertes laissent entrevoir un futur où une simple prise de sang pourrait identifier les femmes les plus vulnérables, bien avant les premiers symptômes.
Où en est la pratique clinique ?
Pour l’instant, aucun test sanguin officiel n’est disponible dans la pratique courante.
Des prototypes sont en cours de développement, comme le test “myLuma”, qui revendique une précision supérieure à 80 %.
Selon le site LiveScience, le test sanguin pourrait être lancé dès janvier 2026 dans trois États américains : la Californie, le Texas et la Floride.
Il n’a pas encore reçu l’approbation officielle de la Food and Drug Administration (FDA) – l’agence américaine qui régule la mise sur le marché des médicaments et dispositifs médicaux, mais il fait actuellement l’objet d’un essai clinique de grande ampleur.
D’autres recherches restent nécessaires, car toutes les femmes ne présentent pas les biomarqueurs identifiés par le test “myLuma”. Autrement dit, certaines formes de dépression post-partum ne pourraient pas encore être détectées avec cet outil. Pour la psychiatre Samantha Meltzer-Brody, cette innovation représente néanmoins une avancée majeure : elle « ouvre la voie à de nouvelles façons d’agir en amont, plutôt que d’attendre qu’une femme commence à souffrir ».
Les limites actuelles
Les études sont encore de petite taille, souvent menées sur des échantillons peu diversifiés.
La sensibilité (capacité à détecter les vrais cas) et la spécificité (éviter les faux positifs) doivent encore être améliorées.
Le moment du prélèvement est crucial : les biomarqueurs hormonaux sont particulièrement pertinents au troisième trimestre, ce qui nécessite une organisation précise.
Enfin, il faut garder en tête que la DPP résulte d’un enchevêtrement complexe : hormones, inflammation, génétique, environnement et contexte socio-émotionnel.
Un test biologique ne remplacera jamais l’écoute et la prévention psychologique.
Ce que cela change pour les parents et les professionnels
Pour les professionnels de santé, la perspective d’un test sanguin ouvre la voie à un dépistage précoce et à une meilleure orientation des patientes à risque.
Pour les futures mamans, cela représente un espoir : celui d’être comprises et accompagnées avant que la souffrance ne s’installe.
Mais en attendant la validation clinique de ces tests, la priorité reste la vigilance : dépistage systématique, soutien émotionnel, réseau d’entraide et accompagnement personnalisé.

Et en France, à quel horizon ?
Ce test n’est pas encore disponible sur le marché français : il reste à passer par les phases de validation clinique, puis par une autorisation de mise sur le marché européenne.
Les experts estiment que, même dans un scénario favorable, il faudra encore plusieurs années avant qu’un tel test puisse être proposé dans le suivi prénatal classique.
En conclusion
Le test sanguin pour la dépression post-partum n’est pas encore une réalité clinique, mais la recherche avance à grands pas.
Si les résultats se confirment, cette innovation pourrait permettre d’identifier les femmes à risque dès la grossesse, et de leur offrir un accompagnement adapté avant l’apparition des symptômes.
En attendant, le plus grand levier reste l’accompagnement humain : écouter, prévenir, organiser.
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