Le chiffre qui a fait le tour d’Instagram
Fin juin, l’annonce de grossesse d’Anne Hathaway à 43 ans a cumulé plus de 22 millions de likes en quelques jours. Avant elle, Natalie Portman, Natalia Vodianova, Sienna Miller ou Claire Danes avaient déjà annoncé une grossesse après 40 ans, sous le regard de millions de personnes.
Un tel engouement, ce n’est jamais un hasard. Quand un sujet résonne à ce point, c’est qu’il touche une réalité que beaucoup de femmes vivent ou envisagent pour elles-mêmes. Et cette réalité, les chiffres officiels la confirment noir sur blanc.
Ce que disent vraiment les chiffres en France
Ce n’est pas qu’un phénomène de stars. Selon l’Insee, l’âge moyen des femmes à la naissance de leur premier enfant atteint 29,1 ans en 2023, contre 24 ans en 1974. Tous rangs de naissance confondus, l’âge moyen à l’accouchement s’établit désormais à 31 ans.
Et la tendance ne concerne pas que le premier enfant. En 2019, 42 800 bébés sont nés de mères âgées de 40 ans ou plus en France, soit 5,7% des naissances de l’année. Une naissance sur trois chez les mères de 40 ans ou plus concerne une femme qui a tout juste 40 ans ; une sur quatre a 41 ans.
Ce chiffre paraît modeste, mais il faut le regarder dans la durée : la fécondité dite « tardive » a été multipliée par 3,4 depuis 1980. Elle avait diminué sans interruption depuis la fin des années 1940, avant de repartir nettement à la hausse. Autrement dit, ce n’est pas un effet de mode récent : c’est une tendance de fond installée depuis plus de quatre décennies, qui s’accélère.
Pourquoi les femmes deviennent mères de plus en plus tard
Plusieurs facteurs, bien documentés, expliquent ce report :
Des études plus longues et une entrée dans la vie active retardée. Plus une femme est diplômée, plus elle a tendance à avoir son premier enfant tard : les diplômées du supérieur ont en moyenne leur premier enfant près de cinq ans après les femmes sans diplôme.
Une carrière à construire avant de fonder une famille. Les femmes cadres affichent la fécondité tardive la plus élevée parmi les femmes actives : 11 naissances pour 100 femmes entre 40 et 50 ans, contre 9 dans les autres catégories professionnelles.
Des recompositions familiales. Près d’une naissance tardive sur trois survient au sein d’un couple qui n’a pas encore d’enfant en commun, souvent après une remise en couple.
Un climat économique et social incertain, qui pousse une partie des femmes à repousser leur projet parental jusqu’à se sentir prêtes, professionnellement et personnellement.

Ce que vivent concrètement ces familles
Derrière les chiffres, il y a des situations très concrètes. Une maman de 40 ans qui attend son premier ou son deuxième enfant n’est, la plupart du temps, plus dans la même configuration qu’une jeune maman de 25 ans :
- elle a une carrière installée, avec des responsabilités, une équipe, des enjeux professionnels à gérer en parallèle de sa grossesse ;
- elle a l’habitude de déléguer, de manager, de faire appel à des expertises externes quand elle en a besoin, dans son travail comme dans sa vie personnelle ;
- elle a un rythme de vie exigeant, avec peu de temps disponible pour éplucher des comparatifs de poussettes ou des forums de puériculture pendant ses soirées ;
- elle traverse parfois cette étape en parallèle d’un remariage, d’une recomposition familiale, ou d’un projet de deuxième ou troisième enfant tardif.
Ce que ces mamans attendent (et ce qu’elles n’attendent pas)
C’est là que beaucoup de discours autour de la grossesse tombent à côté. Ces femmes n’ont pas besoin qu’on leur répète de « profiter de leur grossesse ». Elles le savent déjà, et elles ont bien souvent attendu ce moment depuis longtemps.
Ce qu’elles attendent, c’est très concret :
- une organisation claire de leur retour au travail, anticipée en amont plutôt que subie au dernier moment ;
- un mode de garde pensé et sécurisé, adapté à leur réalité professionnelle ;
- une logistique du quotidien allégée, pour ne pas ajouter une charge mentale à une vie déjà pleine ;
- des recommandations fiables sur l’équipement, sans devoir y passer des heures.
Autrement dit : moins de discours, plus d’organisation.
Une opportunité concrète pour les baby planner
Pour toi qui exerces ou qui te formes au métier de baby planner, ce segment de clientèle mérite qu’on s’y arrête, pour plusieurs raisons très concrètes.
>> Un pouvoir d’achat plus élevé. À 40 ans, la carrière est le plus souvent installée, les revenus aussi. Ces mamans ont les moyens de déléguer et n’hésitent pas à investir dans un accompagnement quand il leur fait gagner du temps.
>> Une clientèle habituée à déléguer. Ces femmes managent en entreprise, elles connaissent déjà la valeur d’une expertise externe. Il est souvent plus simple de les convaincre de faire appel à un baby planner que d’expliquer à quelqu’un ce qu’est le métier.
>> Un marché en croissance, pas encore saturé. L’âge moyen de la première grossesse continue de reculer chaque année en France. La demande grossit, la concurrence n’a pas encore rattrapé ce mouvement.
>> Une cliente qui devient prescriptrice. Cette génération de mamans est hyperconnectée et échange beaucoup entre elles, sur les réseaux, dans des groupes, en entreprise. Un accompagnement réussi se transforme facilement en bouche-à-oreille qualifié.
C’est un métier qui répond à une vraie évolution démographique, pas à un effet de mode. Et c’est un métier qui s’apprend : avec la bonne méthode, en quelques mois, tu peux accompagner ces familles qui en ont de plus en plus besoin.
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